Bombino, le plus célèbre des guitaristes touaregs, retrouve ses racines et le désert du Sahara avec « Deran » son sixième album, dans lequel il se rapproche encore plus de l’Afrique et il défend le désert comme un lieu de liberté, de beauté et de simplicité à protéger, à la suite de différents conflits armés.

Pour beaucoup d’occidentaux, le désert n’est qu’un espace inhospitalier, aride et une métaphore négative; Ce n’est pas le cas des Touaregs, aussi appelés Kel Tamasheq ─ un peuple nomade, de braves guerriers et de commerçants, qui pensent qu’il n’y a rien de mieux que son immensité, son silence et la beauté du sable du Sahara.
Omara « Bombino »Moctar (Tidène, 1980) est un membre de la tribu Ifoghas. Il est né dans un camp près de la ville d’ Agadez dans le nord du Niger.

Tout au long de sa vie, il a connu deux rébellions touarègues (celle de 1990 et 2007) pour défendre les droits des touaregs. L’exil l’a emmené en Algérie et au Burkina Faso. Il a appris à jouer de la guitare d’abord seul, et ensuite en prenant des leçons, puis à sa manière, il a essayé d’imiter les chansons faites dans les camps et qui a défendu l’héritage et les droits de son peuple nomade. La famille de Bombino ne voyait pas d’un bon oeil qu’il soit musicien, et il part dont en Libye avec un ami. Il y passe des heures à regarder des vidéos de Jimmy Hendrix et Mark Knopfler (dire Straits) pour perfectionner son style.

En 2009, il rencontre le cinéaste Ron Wyman qui est impressionné par sa musique. Il lui propose de participer à un documentaire et d’enregistrer un disque. Le résultat est »Agadez, la musique et la rébellion » sorti en 2000 et l’album « Agadez » (Cumbancha, 2011). Le disque sera un succès et lui permet même de partir jouer aux États-Unis. Plus tard, il publie deux autres albums, « Nomad » (Nonesuch, 2013) et »Azel » (partisan Records, 2016) dans lesquels il continue de défendre ses racines et de développer sa façon virtuose et rebelle de jouer de la guitare. En 2018 il sort « DERAN » son dernier opus qui donne lieu à une tournée mondiale.

Nous avons rencontré Bombino à la fin de l’un de ses concerts. C’est avec une grande humilité et générosité qu’il nous a reçus, qu’il nous a écoutés lui présenter notre association Atri et qu’il nous a apporté son soutien.

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